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10/12/2015

9 décembre 1955 Adoption du drapeau européen

 

Le 9 décembre 1955, le comité des ministres du Conseil de l'Europe adopte officiellement le drapeau européen 

17/04/2015

Le droit d'initiative de la Commission

Par un arrêt du 14 avril 2015 la Cour de justice confirme l'importante latitude dont dispose la Commission dans le maniement de son droit d'initiative.

11/04/2015

Bilan de l'initiative citoyenne

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport sur l’application du règlement (UE) n° 211/2011 relatif à l’initiative citoyenne

31/03/2015

Le début de la fin des britanniques dans l'Union ?

Cameron : coup de poker sur l'Europe

17/03/2015

L'Islande annonce le retrait de sa candidature à l'Union européenne

L'Islande a annoncé, jeudi 12 mars, qu'elle retirait sa candidature à l'Union européenne (UE), deux ans après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement eurosceptique de centre droit, qui promettait de mettre un terme au processus lancé en 2009.

Le ministre des affaires étrangères, Gunnar Bragi Sveinsson, a déclaré dans un communiqué avoir fait part de cette décision à la Lettonie, qui préside l'UE, et qui en a informé la Commission européenne. « Les intérêts de l'Islande sont mieux servis en dehors de l'Union européenne », a écrit le ministère sur son site Internet.

« La porte de l'UE reste naturellement ouverte à l'Islande », dont le renoncement à l'adhésion n'est pas un revers pour l'Uniona réagi vendredi une porte-parole de la Commission européenne, Maja Kocijancic. « L'Islande reste un partenaire important pour l'UE », a-t-elle ajouté, citant sa participation à l'Association européenne de libre-échange (AELE) et à la convention de Schengen, qui permet la libre-circulation des personnes.

La question des quotas de pêche en suspend

Un gouvernement de gauche avait déposé sa candidature à une époque où une grave crise financière avait ébranlé la confiance des Islandais dans leurs institutions, et suscité l'envie de rejoindre la zone euro au vu de la chute de la valeur de la couronne.

Mais une question reste en suspens : comment combler le fossé entre Bruxelles et Reykjavik sur les quotas de pêche, pilier de l'économie islandaise ? Ce sujet épineux n'a jamais été abordé lors des négociations entre juin 2011 et janvier 2013. Dès son accession au pouvoir, en avril 2013, le parti de centre droit avait mis un terme aux discussions.

Maintenir une coopération étroite

Le Parti du progrès (centriste) du premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson, est farouchement opposé à l'Union européenne, tandis que le Parti de l'indépendance (conservateur), plus divisé, a tenté d'imposer l'idée d'un référendum, qui n'aura pas lieu.

L'Islande a dit vouloir maintenir « des relations et une coopération étroites » avec l'UE.

Source le Monde 12 mars 2015


01/02/2015

Bruxelles, paradis des lobbies

Le rôle des lobbies dans l'UE (Le Monde 27 janvier 2015)

28/01/2015

TSIPRAS N’EST PAS MIDAS


Tribune d'Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors

UNE RUPTURE DANS LA CONTINUITÉ ?

23/01/2015

Bilan du Président du CONSEIL EUROPÉEN par lui-même

CINQ ANS À LA TÊTE DU CONSEIL EUROPÉEN : LEÇONS ET DÉFIS

Avis 2/13 de la Cour de justice de l'Union relative à l'adhésion à la CEDH

Avis du 18 décembre 2014

13/11/2014

rapport annuel Cour des comptes

Exécution du budget 2013

09/11/2014

Les coopérations renforcées

L'UE a plusieurs vitesses

LA COMMISSION JUNCKER : QUELS ÉQUILIBRES PARTISANS ?

LA COMMISSION JUNCKER : QUELS ÉQUILIBRES PARTISANS ?

01/11/2014

Nouveau système de vote pour le Conseil au 1er novembre 2014

Depuis le 1er novembre, le Traité de Lisbonne a instauré un nouveau système de vote au Conseil afin d'en améliorer l'efficacité. Il supprime la pondération des voix remplacée par un système à double majorité pour l'adoption des décisions. Désormais, la majorité qualifiée est atteinte si elle regroupe au moins 55% des États membres représentant au moins 65% de la population. Lorsque le Conseil ne statue pas sur une proposition de la Commission, la majorité qualifiée doit alors atteindre au moins 72% des États membres représentant au moins 65% de la population. Un tel système attribue donc une voix à chaque État membre tout en tenant compte de leur poids démographique. Une période transitoire dans certains cas permet de conserver jusqu'au 31 mars 2017 le système précédent mis en place par le Traité de Nice.

Le nouveau système de vote en image

29/10/2014

I want my money back (again)

Londres joue la colère contre le budget européen

27/10/2014

Investiture de la Commission Santer

investiture par le PE

11/10/2014

L’Europe en chiffres - L’annuaire d’Eurostat

L'Europe en chiffres

Rapport annuel Médiateur

Rapport 2013

L'UE dans le monde

L'UE dans le monde en treize thèmes statistiques

21/09/2014

Revue de l'OFCE

Réformer l'Europe

L’UE face aux référendums d’indépendance : un saut dans l’inconnu ?

Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse place l’UE dans une situation inédite, qu’il convient d’appréhender sur la base de considérations à la fois juridiques, politiques et diplomatiques estime Yves Bertoncini, directeur de l'Institut Notre Europe-Jacques Delors.

International Association Ukraine-UE

 

17/09/2014

La nouvelle Commission Juncker

Présentation de la Commission Juncker

03/09/2014

Les nouvelles têtes de l'UE

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement se sont rencontrés à Bruxelles le 30 août dans le cadre d'un Conseil européen extraordinaire. Ils se sont accordés sur la nomination de Federica Mogherini, actuelle ministre italienne des Affaires étrangères, pour prendre la tête de la diplomatie européenne. Elle sera nommée haute représentante aux affaires extérieures en remplacement de Catherine Ashton pour 5 ans. Cette fonction permet également à son titulaire d'être vice-présidente de la Commission européenne. La composition du Collège des Commissaires n'a pas fait l'objet d'un accord à ce stade. Par ailleurs, Donald Tusk, Premier ministre de Pologne remplacera Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen à partir du 1er décembre 2014 et ce jusqu'au 31 mai 2017.

Source Le Monde

 

Le Polonais Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen

Donald Tusk va quitter une Pologne émancipée et dynamique pour prendre ses quartiers à Bruxelles. Le premier ministre polonais, âgé de 57 ans, a réussi à faire l'unanimité samedi 30 août parmi les principaux dirigeants de l'UE pour occuper le poste de président du Conseil européen. Il ne parle pas français, très mal anglais, parfaitement allemand, notamment parce qu'il est originaire d'une région frontalière. Cela donne une idée assez précise de ses penchants géopolitiques : proximité avec Berlin, plus grand réalisme vis-à-vis des Etats-Unis, et distance polie avec la France.

 

Un premier ministre usé dans son pays peut-il devenir un président dynamique du Conseil ? Tel est le défi qui se pose à Donald Tusk, à l'heure de prendre la succession d'Herman van Rompuy, dont le manque de charisme et de poids politique a illustré la volonté des capitales de garder la main sur le devenir de l'UE.

 

Le leader du parti Plateforme civique (PO, centre droit) dirige le gouvernement polonais depuis 2007, après avoir essuyé une défaite à l'élection présidentielle deux ans plus tôt. Pragmatique, opportuniste, rompu à la communication politique, il a résumé son approche des affaires publiques en une expression : son ambition est d'assurer « l'eau chaude dans le robinet ». Pas de quoi soulever l'enthousiasme des nouvelles générations, qui n'ont jamais connu les privations de l'époque communiste, ni celui de la Pologne la plus conservatrice, focalisée sur les questions identitaires.

 

UN ALLIÉ DU MILIEU DES AFFAIRES

 

Né à Gdansk, membre du syndicat Solidarité dans les années 1980, Donald Tusk a aussi connu une expérience entrepreneuriale, avec une société de peinture. Il est généralement vu comme un allié du milieu des affaires. M. Tusk croit dans les vertus du libéralisme et de la concurrence, qui ont transformé son pays, sans pour autant se priver des moyens étatiques lorsqu'il s'agit de s'attirer les grâces d'une catégorie particulière.

 

Il n'a jamais brillé par la sophistication de sa vision européenne, mais c'est sous son autorité que la Varsovie a acquis un poids inédit dans l'UE. Alliant un conservatisme ferme sur le plan religieux et social à un libéralisme décomplexé sur le plan économique, Donald Tusk peut s'enorgueillir d'avoir conduit la Pologne pendant les années les plus spectaculaires de sa mutation. Son pays est le seul à n'avoir jamais connu de véritable ralentissement ni de récession depuis la crise de 2008.

 

La désignation de M. Tusk comme président du Conseil européen a un double sens historique. Vingt-cinq ans après les premières élections libres dans son pays, elle est une extraordinaire reconnaissance des nouveaux équilibres au sein de l'UE et de l'avènement de la Pologne comme pivot de l'Europe orientale. Il s'agit d'un « énorme succès » pour le pays, a estimé le président Bronislaw Komorowski.

 

UNE EXFILTRATION

 

Cette désignation intervient aussi dans un moment dramatique, alors que les métastases de la guerre se développent dans l'est de l'Ukraine. Depuis six mois, Donald Tusk a été en pointe sur ce dossier, avec ses homologues baltes, sans pour autant basculer dans des positions anti-russes primaires, lui qui a tenté d'initier une réconciliation historiographique entre les deux pays. Alors qu'Angela Merkel et François Hollande n'ont cessé de tergiverser face à Vladimir Poutine, dans l'espoir vain d'une baisse de température au Kremlin, le premier ministre polonais a tout de suite pris la mesure des nouveaux défis posés par l'annexion de la Crimée, puis la guerre dans l'Est.

 

Avocat d'une véritable politique énergétique européenne, Donald Tusk a aussi critiqué les membres de l'OTAN timorés sur le plan budgétaire, qui attendent trop, par habitude, l'ouverture du parapluie américain pour les protéger.

 

Mais le paradoxe de cette promotion est qu'elle représente aussi une exfiltration, le sauvant d'une tourmente politique intérieure redoutable, à un an des élections législatives. Donald Tusk s'était lancé le défi de conduire sa formation vers un troisième succès de rang, contre son adversaire de longue date, le leader de Droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, chantre d'un populisme nationaliste à la Viktor Orban.

 

RAPPROCHEMENT HISTORIQUE AVEC L'ALLEMAGNE

 

Au fil des ans, le premier ministre a réussi méthodiquement à écarter tout rival sérieux à l'intérieur de son parti. Mais l'usure du pouvoir et les scandales à répétition – tel celui de mystérieuses écoutes, en juin, concernant certains ministres – pèsent lourd dans l'opinion.

 

Ils expliquent l'écart dans les sondages en faveur du PiS. Faute d'une alternative crédible au sein de la PO, le départ vers Bruxelles de Donald Tusk pourrait avoir des conséquences dramatiques pour son camp, qui se prépare à la défaite. Or, une alternance pourrait porter atteinte à l'image de la Pologne, élève vertueux des réformes. Il serait assez inouï d'imaginer Jaroslaw Kaczynski, foncièrement antiallemand et antieuropéen, devenir premier ministre, tandis que M. Tusk présiderait le Conseil. Les retrouvailles à Bruxelles seraient glaçantes.

 

Donald Tusk avait pris l'engagement de conduire la Pologne dans la zone euro. Mais la crise a ralenti les ardeurs de son gouvernement, qui a cessé d'avancer un calendrier précis. En revanche, M. Tusk a beaucoup misé sur les fonds structurels européens : dans le dernier budget quinquennal, la Pologne en était le premier bénéficiaire. Ils lui ont permis de conduire de grands travaux et de moderniser ses infrastructures.

 

Autre réussite de ses mandats : le rapprochement historique avec l'Allemagne. Au-delà de l'estime personnelle qu'il partage avec Angela Merkel, Donald Tusk a réussi à développer des relations apaisées, amicales, constructives avec Berlin. A l'échelle de l'histoire, il s'agit d'une vraie révolution diplomatique.

Source Le Monde

Europe : les cinq raisons à la nomination de Federica Mogherini

 

 

Critiquée pour son inexpérience et la position trop souple de l'Italie à l'égard de la Russie, qui lui fournit d'importantes quantités de gaz, la ministre des affaires étrangères, Federica Mogherini a été choisie samedi 30 août pour succéder à Catherine Ashton comme haute représentante pour la politique extérieure et la sécurité de l’Union européenne. Il n'a fallu que quelques minutes aux chefs d'Etat et de gouvernement pour approuver le choix de la candidate italienne, en même temps que celui de premier ministre polonais, Donald Tusk, à la présidence du Conseil européen, même si les discussions ont été vives pendant tout l'été. Federica Mogherini a été choisie pour cinq raisons principales.

1. Parce que les Etats veulent garder leur propre diplomatie

Federica Mogherini a été choisie pour les mêmes raisons qui avaient présidé au choix de Catherine Ashton, en 2009 : son manque d'expérience diplomatique. « Les grands pays comme la France et le Royaume-Uni ne veulent pas se dessaisir de leur politique étrangère et ils ne veulent surtout pas d'un gros calibre pour piloter la diplomatie européenne », explique François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique. Catherine Ashton a plusieurs fois été court-circuitée par les Etats eux-mêmes, comme en témoigne la visite des ministres des affaires étrangères allemand, français et polonais, à Kiev, la veille du départ de Viktor Ianoukovitch, en février. La diplomatie européenne se décide à Paris, à Londres, à Berlin et désormais à Varsovie, plus qu'à Bruxelles.

2. Parce que le président du Conseil européen est Polonais

En dehors de son inexpérience, les principales critiques contre Mme Mogherini ont porté sur sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine et sur la mansuétude de la diplomatie italienne à l'égard de la Russie. Les pays baltes et la Pologne étaient vigoureusement opposés à cette candidature, même si Mme Mogherini a rappelé qu'elle avait rencontré Poutine, en juillet, après être allée à Kiev. Après les informations de l'OTAN sur la présence de plus de mille soldats russes en Ukraine, Matteo Renzi a appelé Vladimir Poutine, le 28 août, pour dénoncer une « escalade intolérable dont les conséquences seraient très graves ». Le choix d'un Polonais à la tête du Conseil européen permet d'atténuer le discours d'une Europe qui paraîtrait trop faible à l'égard de Moscou.

3. Parce que c'est une femme

Jean-Claude Juncker a fait un constat, en voyant la liste des futurs commissaires européens présentés par les pays de l'Union européenne : les femmes sont peu représentées. Il y en a pour l'instant 5, moins que dans la Commission Barroso (9). Le Parlement européen demande qu'il y en ait au moins autant. Pour compenser ce faible nombre, M. Juncker veut leur donner des portefeuilles solides. Il était logique que le successeur de Lady Ashton soit également une femme. Mme Mogherini était en compétition avec la commissaire bulgare à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, dont le travail est largement reconnu. Elle avait les soutiens des pays de l'Est, jusqu'au moment où Donald Tusk est devenu le favori pour la présidence du conseil. De plus, elle est membre du parti Populaire européen, qui a déjà obtenu les principaux postes.

4. Parce qu'elle est sociale-démocrate

La répartition des hauts postes européens est le fruit d'un savant dosage entre la géographie, le genre et, bien sûr, la couleur politique. Les deux principaux postes européens revenant à la droite, les sociaux-démocrates devaient obtenir le poste tenu par Catherine Ashton. Il fallait aussi que ce soit une femme. Le nom d'Elisabeth Guigou a été évoqué pendant l'été, mais Pierre Moscovici avait déjà été choisi par François Hollande. Et la France ne revendique pas ce poste qui pourrait entrer en conflit avec sa propre diplomatie.

5. Pour faire plaisir à Matteo Renzi

Le président du conseil italien n'a jamais vacillé. En dépit de toutes les critiques, il a défendu sa ministre des affaires étrangères pour finalement réussir à l'imposer. Matteo Renzi voulait un poste « à visibilité » pour son pays. Et il l'a obtenu. Mme Merkel s'est ralliée au choix de la ministre italienne, car cette concession à M. Renzi ne lui coûte pas beaucoup. Ses priorités sont avant tout économiques et elle goûte peu la volonté française et italienne d'atténuer la discipline budgétaire, au moment où elle résiste aux pressions d'un autre italien, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, inquiet à son tour de la déflation en Europe.

Source Le Monde

27/06/2014

Jean-Claude Juncker, le revenant

Le 27 mai, un Jean-Claude Juncker redevenu fringant et combatif a tenté de forcer le destin. Lors d'un sommet des dirigeants du Parti populaire européen (PPE), la formation arrivée en tête du scrutin européen deux jours plus tôt, le chef de file de la droite réclame un mandat pour mener lui-même les tractations avec le Parlement européen en vue de son élection à la présidence de la Commission.

 

Peine perdue. Il se heurte à Angela Merkel, qui préfère confier au président du Conseil, Herman Van Rompuy, une mission de déminage : la chancelière allemande espère encore, ce jour-là, éviter une crise avec le Royaume-Uni et David Cameron, lequel juge M. Juncker trop fédéraliste.

 

 

Le clash est passé presque inaperçu, mais en dit long sur les arrière-pensées de la chancelière dans cette affaire, ainsi que sur la détermination de M. Juncker à remplacer José Manuel Barroso, le président sortant. Au printemps, Angela Merkel avait accepté du bout des lèvres la candidature du Luxembourgeois, préféré au Français Michel Barnier, pour mener la campagne électorale de la droite. Elle pensait alors être en mesure de l'écarter après le scrutin pour placer une personnalité plus en ligne avec les souhaits de David Cameron. Début mai, Mme Merkel est même allée sonder les intentions de Christine Lagarde, à Washington, avant de comprendre que François Hollande n'accepterait pas de soutenir la directrice générale du Fonds monétaire international, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy.

 

Mais rien ne va se dérouler comme l'espère la chancelière. Ce 27 mai, juste avant de regagner Berlin après un dîner informel organisé avec ses homologues des Vingt-Huit, elle est, face à la presse, assaillie de questions sur son rôle dans cette affaire. Elle comprend qu'elle ne peut plus refuser le poste au candidat de son parti, soutenu par une probable majorité d'eurodéputés. « Une obligation démocratique », jugent en choeur les éditorialistes allemands et les élus de son parti, la CDU-CSU, tandis que la presse britannique se déchaîne contre celui que David Cameron range parmi les « hommes du passé ». En version tabloïd, cela donne « L'homme le plus dangereux d'Europe », dans The Sun. Pour la première fois de sa vie, M. Juncker voit alors des paparazzis camper devant son domicile luxembourgeois. Une sorte d'insulte pour ce dirigeant qui a, jusqu'ici, soigneusement dissimulé sa vie privée. On sait seulement que son épouse lui aurait confié qu'elle refuserait, à tout jamais, d'être son « pot de fleurs »

 

M. Juncker ne mérite, en réalité, ni tant de haine ni tant de passion. Pendant des années, ce vétéran de la construction européenne, et de l'euro, ministre des finances pendant les négociations du traité de Maastricht, s'est taillé une réputation d'homme de consensus. Il s'est fait une spécialité de jouer les tampons entre la France et l'Allemagne, avant et pendant la crise de l'Union monétaire. « Il est parfois considéré, de part et d'autre du Rhin comme le plus petit dénominateur commun, longtemps placé à la tête de l'Eurogroupe pour ne pas déranger », reconnaît un ancien commissaire français. Ce qui ne l'a pas empêché de ménager les intérêts du Grand-Duché, afin de préserver le plus longtemps possible ce secret bancaire et ce dumping fiscal qui ont fait la fortune de la place financière luxembourgeoise.

 

UN HOMME AU CARNET D'ADRESSES RICHE

 

Sa longévité au poste de premier ministre du Luxembourg – dix-huit ans, avant sa chute en décembre 2013, pour une sombre affaire de services secrets mal encadrés – en a fait un vieil habitué des réunions européennes. Un homme au carnet d'adresses riche en amitiés – et en petits calculs. « Il aime les gens, il a le contact facile et une réelle capacité d'empathie », explique une fonctionnaire luxembourgeoise. Elle se souvient de l'avoir vu, lors d'un grand tournoi de football, sortir de sa voiture alors que la route était bloquée et célébrer une victoire avec des supporteurs portugais. Son équipe favorite, paraît-il. Information non recoupée, mais on relèvera que les Portugais forment la plus importante communauté étrangère au Luxembourg.

 

Qu'aime-t-il, en fait ? « La politique, rien que la politique », confesse l'un de ses amis. Il lit surtout des essais et des analyses… politiques. En particulier celles de l'historienne américaine Barbara Tuchman qui a dépeint les prémices de la première guerre mondiale dans The Guns of August (Août 14, Presse de la Cité, 1962) et raconté dans The March of Folly (La Marche folle de l'Histoire, Laffont, 1992), comment, de la guerre de Troie à celle du Vietnam, les grands dirigeants commettent des erreurs qui peuvent conduire aux pires des désastres.

 

La politique et l'Europe sont les deux moteurs de sa carrière. Il s'y est dévoué « corps et âme », assure l'un de ses anciens adjoints. Et c'est parce qu'il aime à rappeler le passé et l'idée que l'Europe est, avant tout, un gage de paix que l'image d'un « Juncker homme d'une époque révolue » s'est progressivement imposée. La campagne électorale que le PPE lui a mitonnée, avec force recours aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux, visait à corriger cette réputation. Un succès ? Sans doute pas. Guère convaincante, en tout cas, pour ceux qui savent que le candidat-président à la Commission écrit avec un stylo Montblanc et a appris sur le tard à envoyer un texto.

 

Doté d'une énergie hors du commun, il ne se fait toutefois pas d'illusion : « La vie que je m'impose n'est pas bonne pour mon organisme », a-t-il parfois lâché à certains de ses collaborateurs après l'une de ces séances-marathon dont Bruxelles a le secret. Sa force : il est doté d'une bonne capacité de récupération. On l'a vu s'installer dans un siège de voiture, un fauteuil d'avion ou le canapé d'une salle d'attente et piquer illico du nez. Son talon d'Achille : une consommation que l'on dit importante de tabac et d'alcool dont s'est d'ailleurs moqué son successeur à la tête de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselboem, dans une émission de divertissement. Depuis, il tente de se mettre à la cigarette électronique.

 

Certains diplomates s'interrogent néanmoins sur sa capacité physique à tenir bon à la tête de la Commission – un paquebot dont le pilotage n'a rien à voir avec celui d'une cité-Etat. Pendant la campagne, le « candidat » du PPE est apparu usé par ces années de crise de l'euro, et facilement irritable. « Les débats ne servent à rien », lui est-il arrivé de lâcher alors que son équipe l'astreignait à faire le tour d'Europe et des plateaux télévisés.

 

Son image n'est d'ailleurs pas son principal souci. Il lui arrive de sourire de ce qui s'écrit sur lui dans les journaux. Sauf quand des tabloïds britanniques affirment que son père était un sympathisant nazi – il fut, en réalité, enrôlé de force dans la Wehrmacht, comme de nombreux jeunes Luxembourgeois.

 

« HOMME LIBRE »

 

L'essentiel, pour lui, semble être de s'afficher comme un homme détaché du pouvoir – même s'il en raffole. Quand il a vu, naguère, des postes européens lui filer sous le nez ou lorsque trois partis se sont coalisés pour l'éjecter du gouvernement de son pays, à la fin de 2013, il s'est efforcé de philosopher. Il a parlé de lui comme d'un « homme libre » qui n'aurait pas absolument besoin du pouvoir. Il a souligné qu'il n'était pas un « politicien de métier » et rappelé que son vrai métier fut celui d'avocat – même si à Luxembourg personne ne se souvient de l'avoir aperçu au barreau. Il a même affirmé qu'il pourrait un jour se convertir au journalisme – sans convaincre personne.

 

Et pourquoi pas, en fait ? Car cet homme-là est capable de se fondre dans tous les milieux sans perdre sa spontanéité ni sa forme particulière d'humour qui a fini par agacer beaucoup de ses interlocuteurs mais qu'il continue de cultiver, en essayant cependant de la tempérer. Il sait que son amour des mots, si possible grinçants et piquants, lui a joué des tours – faisant même chuter le cours de l'euro à l'occasion – mais qu'elle plaît aux journalistes fatigués de la langue de bois des politiques et de l'eurocratie. Ce fan de la presse, qui dévore tout ce qui s'écrit, connaît les ressorts de la sphère médiatique. « Il voit tout, lit tout, sait tout », sourit un ancien ministre qui l'a longtemps côtoyé.

 

On ne devient pas le doyen des grand-messes bruxelloises sans susciter quelques inimitiés et frustrations. Nicolas Sarkozy le détestait et n'avait pas de mots assez durs pour critiquer son manque d'initiative au début de la crise financière. On n'efface pas non plus des positions à géométrie variable qui trahissent, pour le moins, une certaine inconstance. Ainsi, pressenti pour présider – déjà – la Commission de Bruxelles en 2004, quand Jacques Chirac lui demandait de délaisser son « département des eaux et forêts », il y renonçait pour honorer sa promesse aux électeurs grand-ducaux, auxquels il avait juré qu'il ne les quitterait pas.

 

En 2009, tout en affirmant ne plus s'y intéresser, il a travaillé, en coulisses, à la conquête de la présidence du Conseil, finalement octroyée au Belge Herman Van Rompuy. Et après sa récente défaite politique à Luxembourg, il se voyait en chef de l'opposition à la Chambre des députés, avait-il affirmé dans l'incrédulité générale.

 

Peut-être ces zigzags publics n'étaient-ils qu'une façon d'habiller une ambition qui, elle, n'a jamais changé de cap. Peut-être aussi les diatribes de David Cameron ont-elles finalement été le meilleur gage de la réussite du revenant : renoncer à M. Juncker aurait donné raison au premier ministre britannique et provoqué une grave crise avec le Parlement européen. Un scénario qui n'était pas du goût d'Angela Merkel, de François Hollande et de ses homologues continentaux.

Source Le Monde

23/06/2014

Batailles en série autour de la nomination de M. Juncker à la tête de la Commission

La désignation du président de la Commission agit comme un cruel révélateur des rapports de forces au sein de l'Union européenne. Chefs d'Etat et de gouvernement devraient, jeudi 26 et vendredi 27 juin à Bruxelles, approuver la nomination de Jean-Claude Juncker au poste occupé par José Manuel Barroso.

 

La décision constitue une petite révolution que bon nombre de dirigeants, à commencer par Angela Merkel, considéraient comme improbable, voire déplacée, voici quelques semaines. Le Conseil européen doit tenir compte du choix du Parlement européen en faveur du chef de file de la droite, arrivée en tête des élections européennes. Mais la désignation de ce vétéran de la zone euro tourne à l'épreuve de force avec le Royaume-Uni, en passe d'être isolé par ses partenaires continentaux, et suscite une fronde contre la politique d'austérité prônée par la chancelière allemande.

 

Afin de déminer un Conseil européen qui s'annonce explosif, son président, Herman Van Rompuy, devait rencontrer le premier ministre britannique, David Cameron, lundi 23 juin après midi à Londres. Dans son entourage, on préfère cependant affronter une crise avec le Royaume-Uni qu'un « clash institutionnel » entre le Parlement et le Conseil, où le candidat de la droite européenne dispose d'une solide majorité.

 

TOURNER LA PAGE DE LA CRISE DE LA ZONE EURO

 

David Cameron n'en démord pas. Lors du Conseil européen, il devrait appeler à voter pour ou contre Jean-Claude Juncker, ce qui constituerait une grande première entre chefs d'Etat et de gouvernement. « Si la volonté est de trouver un candidat consensuel, la décision devrait être reportée, mais si les dirigeants ne veulent même pas considérer d'autres noms, un vote doit avoir lieu », prévient une source britannique. « Il est important que chaque dirigeant prenne position clairement quand des principes aussi déterminants sont en jeu : accorder de nouveaux pouvoirs au Parlement à travers un compromis d'arrière-cour », ajoute la même source.

 

La probable nomination de Jean-Claude Juncker suscite aussi une sérieuse passe d'armes parmi les dirigeants qui le soutiennent. L'enjeu porte cette fois sur la politique économique à suivre pour tourner la page de la crise de la zone euro, quatre ans après le naufrage de la Grèce. Animée par Matteo Renzi, le président du conseil italien, et par François Hollande, la rébellion a pour cible l'austérité prônée par la chancelière allemande.

 

Samedi 21 juin à Paris, les chefs de gouvernements sociaux-démocrates européens ont officiellement soutenu la candidature de Jean-Claude Juncker, en espérant qu'il reprenne à son compte une partie de leurs demandes, en dépit des réserves d'Angela Merkel. « Les priorités que nous avons retenues, a expliqué François Hollande à l'issue de la rencontre, c'est d'abord la croissance et l'emploi, en utilisant toutes les marges, toutes les souplesses du pacte de stabilité et de croissance, et lancer un grand programme d'investissement pour organiser notamment la transition énergétique et l'indépendance énergétique de l'Europe. »

 

BAGARRE À DISTANCE AVEC LA CHANCELIÈRE ALLEMANDE

 

Les chefs de gouvernement sociaux-démocrates ne cherchent pas à renégocier le pacte de stabilité et de croissance, mais militent pour une application « intelligente » de cet instrument de discipline budgétaire. Selon M. Hollande, utiliser toutes les souplesses, signifie respecter les engagements. « Mais nous [pourrions] savoir quels sont les investissements qui rentrent ou ne rentrent pas dans le niveau des dépenses, c'est la proposition italienne », explique le président français, qui estime que « sur un certain nombre d'efforts liés aux fonds structurels, il pourrait y avoir des ajustements ». François Hollande a précisé qu'il avait été « mandaté pour porter ces orientations », lors du Conseil européen.

 

Dans cette bagarre à distance avec Angela Merkel, le chef de l'Etat a bénéficié du soutien appuyé du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. Ce dernier a rappelé la situation de l'Allemagne en 2003 : le gouvernement de Gerhard Schröder avait alors lancé son vaste plan de réformes, sans être en mesure de respecter ses objectifs de déficits. Le chef du Parti social-démocrate allemand reconnaît qu'on pourrait accorder la même souplesse à d'autres pays. Mais lui non plus ne dispose pas d'une grande marge de manoeuvre face à Angela Merkel.

 

Ses compatriotes sont dans leur majorité attachés au pacte de stabilité, mis en place à la demande d'Helmut Kohl pour discipliner les pays du Sud. Angela Merkel et le ministre des finances Wolfgang Schäuble ont recadré le débat, la semaine dernière, et de seconds couteaux ont pris le relais pour critiquer Sigmar Gabriel. Pour Steffen Kampeter (CDU, droite), secrétaire d'Etat auprès du ministre des finances, pas question de modifier le pacte. « Il y a des limites. C'est comme si nous refusions le compromis sur le salaire minimum », explique-t-il, pour bien faire comprendre aux sociaux-démocrates européens que, Juncker ou pas, l'heure n'était pas venue d'un changement de doctrine.

Source Le Monde

04/04/2014

Parlement européen: le palmarès des députés français les plus influents

Les députés européens français au Parlement européen

Parlement européen: le palmarès des députés français les plus influents
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/parlement-europeen-le-pa...

20/03/2014

Statistiques judiciaires

2013 année de tous les records.

06/02/2014

Deux visions de la construction européenne

Le Monde du 1er février 2014

 
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