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04/01/2011

L'Estonie prend le dernier train pour l'euro

L'Estonie prend le dernier train pour l'euro

Les membres de la zone euro ont toutes les raisons d'accueillir chaleureusement l'Estonie dans leurs rangs. La république balte a fait ce qu'il fallait pour se conformer aux exigences économiques et financières de leur club, et cet élargissement de la famille au moment même où elle fait face à sa plus grave crise existentielle donne aux dirigeants européens une rare occasion de célébrer en cette période de fêtes. D'autant plus que l'Estonie risque d'être le dernier adhérent avant un certain temps.

Le poids économique de l'Estonie est certes marginal : son produit intérieur brut (PIB) représente moins de 0,2 % de celui de l'ensemble de la zone euro. Mais sa détermination à rejoindre la monnaie commune rappelle aux sceptiques qu'elle doit bien avoir quelques avantages. L'économie estonienne dépend largement de ses exportations, et 80 % de son commerce extérieur se fait avec les pays de l'euro. S'ancrer à la monnaie unique favorisera les exportateurs du pays, et servira à protéger l'économie estonienne des chocs extérieurs du type de celui qui a fait chuter son PIB de 14 % en 2009...

Avec des finances publiques sous contrôle et une dette publique au niveau ridiculement bas (pour la zone euro) de 8 % du PIB (dix fois moins que l'ensemble de ses partenaires), l'Estonie n'est certes pas de ces pays qui menaceront la stabilité de l'euro. La Banque centrale européenne (BCE) avait certes émis quelques réserves sur le rythme de l'inflation et la capacité du gouvernement à la juguler, mais le PIB devrait bondir d'un robuste 4,4 % en 2011, selon la Commission européenne, faisant du pays l'un de ceux où la reprise est la plus vivace.

Une certaine abnégation

Sa détermination à rejoindre l'euro reflète même une certaine abnégation de la part du gouvernement de Tallinn. L'Estonie va désormais participer au Fonds européen de stabilité financière, créé pour venir en aide aux pays mal en point de la zone euro. Il va se trouver dans la situation unique où son engagement à ce titre sera à peu près équivalent à sa dette publique, soit un peu moins de 1 milliard d'euros...

Mais une fois que l'Estonie sera devenue le 17e membre de l'euro - et la première ancienne république soviétique à adopter la monnaie commune -, Jean Claude Trichet, le président de la BCE, pourra garder le champagne au frais pendant plusieurs années. Les autres adhérents potentiels sont soit trop loin encore des standards européens - c'est le cas de la Roumaine ou de la Hongrie -, soit moins enthousiastes qu'ils ont pu l'être - la Pologne -, soit décidés à rester à l'écart - ce qui semble le cas de la République tchèque. Mais il se trouve justement que M. Trichet n'est pas ces jours-ci d'humeur prosélyte. Pour le moment, il est plus soucieux de renforcer la zone euro que de l'élargir.

Pierre Briançon

4 janvier 2011


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