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21/09/2014

Revue de l'OFCE

Réformer l'Europe

L’UE face aux référendums d’indépendance : un saut dans l’inconnu ?

Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse place l’UE dans une situation inédite, qu’il convient d’appréhender sur la base de considérations à la fois juridiques, politiques et diplomatiques estime Yves Bertoncini, directeur de l'Institut Notre Europe-Jacques Delors.

International Association Ukraine-UE

 

17/09/2014

La nouvelle Commission Juncker

Présentation de la Commission Juncker

03/09/2014

Les nouvelles têtes de l'UE

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement se sont rencontrés à Bruxelles le 30 août dans le cadre d'un Conseil européen extraordinaire. Ils se sont accordés sur la nomination de Federica Mogherini, actuelle ministre italienne des Affaires étrangères, pour prendre la tête de la diplomatie européenne. Elle sera nommée haute représentante aux affaires extérieures en remplacement de Catherine Ashton pour 5 ans. Cette fonction permet également à son titulaire d'être vice-présidente de la Commission européenne. La composition du Collège des Commissaires n'a pas fait l'objet d'un accord à ce stade. Par ailleurs, Donald Tusk, Premier ministre de Pologne remplacera Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen à partir du 1er décembre 2014 et ce jusqu'au 31 mai 2017.

Source Le Monde

 

Le Polonais Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen

Donald Tusk va quitter une Pologne émancipée et dynamique pour prendre ses quartiers à Bruxelles. Le premier ministre polonais, âgé de 57 ans, a réussi à faire l'unanimité samedi 30 août parmi les principaux dirigeants de l'UE pour occuper le poste de président du Conseil européen. Il ne parle pas français, très mal anglais, parfaitement allemand, notamment parce qu'il est originaire d'une région frontalière. Cela donne une idée assez précise de ses penchants géopolitiques : proximité avec Berlin, plus grand réalisme vis-à-vis des Etats-Unis, et distance polie avec la France.

 

Un premier ministre usé dans son pays peut-il devenir un président dynamique du Conseil ? Tel est le défi qui se pose à Donald Tusk, à l'heure de prendre la succession d'Herman van Rompuy, dont le manque de charisme et de poids politique a illustré la volonté des capitales de garder la main sur le devenir de l'UE.

 

Le leader du parti Plateforme civique (PO, centre droit) dirige le gouvernement polonais depuis 2007, après avoir essuyé une défaite à l'élection présidentielle deux ans plus tôt. Pragmatique, opportuniste, rompu à la communication politique, il a résumé son approche des affaires publiques en une expression : son ambition est d'assurer « l'eau chaude dans le robinet ». Pas de quoi soulever l'enthousiasme des nouvelles générations, qui n'ont jamais connu les privations de l'époque communiste, ni celui de la Pologne la plus conservatrice, focalisée sur les questions identitaires.

 

UN ALLIÉ DU MILIEU DES AFFAIRES

 

Né à Gdansk, membre du syndicat Solidarité dans les années 1980, Donald Tusk a aussi connu une expérience entrepreneuriale, avec une société de peinture. Il est généralement vu comme un allié du milieu des affaires. M. Tusk croit dans les vertus du libéralisme et de la concurrence, qui ont transformé son pays, sans pour autant se priver des moyens étatiques lorsqu'il s'agit de s'attirer les grâces d'une catégorie particulière.

 

Il n'a jamais brillé par la sophistication de sa vision européenne, mais c'est sous son autorité que la Varsovie a acquis un poids inédit dans l'UE. Alliant un conservatisme ferme sur le plan religieux et social à un libéralisme décomplexé sur le plan économique, Donald Tusk peut s'enorgueillir d'avoir conduit la Pologne pendant les années les plus spectaculaires de sa mutation. Son pays est le seul à n'avoir jamais connu de véritable ralentissement ni de récession depuis la crise de 2008.

 

La désignation de M. Tusk comme président du Conseil européen a un double sens historique. Vingt-cinq ans après les premières élections libres dans son pays, elle est une extraordinaire reconnaissance des nouveaux équilibres au sein de l'UE et de l'avènement de la Pologne comme pivot de l'Europe orientale. Il s'agit d'un « énorme succès » pour le pays, a estimé le président Bronislaw Komorowski.

 

UNE EXFILTRATION

 

Cette désignation intervient aussi dans un moment dramatique, alors que les métastases de la guerre se développent dans l'est de l'Ukraine. Depuis six mois, Donald Tusk a été en pointe sur ce dossier, avec ses homologues baltes, sans pour autant basculer dans des positions anti-russes primaires, lui qui a tenté d'initier une réconciliation historiographique entre les deux pays. Alors qu'Angela Merkel et François Hollande n'ont cessé de tergiverser face à Vladimir Poutine, dans l'espoir vain d'une baisse de température au Kremlin, le premier ministre polonais a tout de suite pris la mesure des nouveaux défis posés par l'annexion de la Crimée, puis la guerre dans l'Est.

 

Avocat d'une véritable politique énergétique européenne, Donald Tusk a aussi critiqué les membres de l'OTAN timorés sur le plan budgétaire, qui attendent trop, par habitude, l'ouverture du parapluie américain pour les protéger.

 

Mais le paradoxe de cette promotion est qu'elle représente aussi une exfiltration, le sauvant d'une tourmente politique intérieure redoutable, à un an des élections législatives. Donald Tusk s'était lancé le défi de conduire sa formation vers un troisième succès de rang, contre son adversaire de longue date, le leader de Droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, chantre d'un populisme nationaliste à la Viktor Orban.

 

RAPPROCHEMENT HISTORIQUE AVEC L'ALLEMAGNE

 

Au fil des ans, le premier ministre a réussi méthodiquement à écarter tout rival sérieux à l'intérieur de son parti. Mais l'usure du pouvoir et les scandales à répétition – tel celui de mystérieuses écoutes, en juin, concernant certains ministres – pèsent lourd dans l'opinion.

 

Ils expliquent l'écart dans les sondages en faveur du PiS. Faute d'une alternative crédible au sein de la PO, le départ vers Bruxelles de Donald Tusk pourrait avoir des conséquences dramatiques pour son camp, qui se prépare à la défaite. Or, une alternance pourrait porter atteinte à l'image de la Pologne, élève vertueux des réformes. Il serait assez inouï d'imaginer Jaroslaw Kaczynski, foncièrement antiallemand et antieuropéen, devenir premier ministre, tandis que M. Tusk présiderait le Conseil. Les retrouvailles à Bruxelles seraient glaçantes.

 

Donald Tusk avait pris l'engagement de conduire la Pologne dans la zone euro. Mais la crise a ralenti les ardeurs de son gouvernement, qui a cessé d'avancer un calendrier précis. En revanche, M. Tusk a beaucoup misé sur les fonds structurels européens : dans le dernier budget quinquennal, la Pologne en était le premier bénéficiaire. Ils lui ont permis de conduire de grands travaux et de moderniser ses infrastructures.

 

Autre réussite de ses mandats : le rapprochement historique avec l'Allemagne. Au-delà de l'estime personnelle qu'il partage avec Angela Merkel, Donald Tusk a réussi à développer des relations apaisées, amicales, constructives avec Berlin. A l'échelle de l'histoire, il s'agit d'une vraie révolution diplomatique.

Source Le Monde

Europe : les cinq raisons à la nomination de Federica Mogherini

 

 

Critiquée pour son inexpérience et la position trop souple de l'Italie à l'égard de la Russie, qui lui fournit d'importantes quantités de gaz, la ministre des affaires étrangères, Federica Mogherini a été choisie samedi 30 août pour succéder à Catherine Ashton comme haute représentante pour la politique extérieure et la sécurité de l’Union européenne. Il n'a fallu que quelques minutes aux chefs d'Etat et de gouvernement pour approuver le choix de la candidate italienne, en même temps que celui de premier ministre polonais, Donald Tusk, à la présidence du Conseil européen, même si les discussions ont été vives pendant tout l'été. Federica Mogherini a été choisie pour cinq raisons principales.

1. Parce que les Etats veulent garder leur propre diplomatie

Federica Mogherini a été choisie pour les mêmes raisons qui avaient présidé au choix de Catherine Ashton, en 2009 : son manque d'expérience diplomatique. « Les grands pays comme la France et le Royaume-Uni ne veulent pas se dessaisir de leur politique étrangère et ils ne veulent surtout pas d'un gros calibre pour piloter la diplomatie européenne », explique François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique. Catherine Ashton a plusieurs fois été court-circuitée par les Etats eux-mêmes, comme en témoigne la visite des ministres des affaires étrangères allemand, français et polonais, à Kiev, la veille du départ de Viktor Ianoukovitch, en février. La diplomatie européenne se décide à Paris, à Londres, à Berlin et désormais à Varsovie, plus qu'à Bruxelles.

2. Parce que le président du Conseil européen est Polonais

En dehors de son inexpérience, les principales critiques contre Mme Mogherini ont porté sur sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine et sur la mansuétude de la diplomatie italienne à l'égard de la Russie. Les pays baltes et la Pologne étaient vigoureusement opposés à cette candidature, même si Mme Mogherini a rappelé qu'elle avait rencontré Poutine, en juillet, après être allée à Kiev. Après les informations de l'OTAN sur la présence de plus de mille soldats russes en Ukraine, Matteo Renzi a appelé Vladimir Poutine, le 28 août, pour dénoncer une « escalade intolérable dont les conséquences seraient très graves ». Le choix d'un Polonais à la tête du Conseil européen permet d'atténuer le discours d'une Europe qui paraîtrait trop faible à l'égard de Moscou.

3. Parce que c'est une femme

Jean-Claude Juncker a fait un constat, en voyant la liste des futurs commissaires européens présentés par les pays de l'Union européenne : les femmes sont peu représentées. Il y en a pour l'instant 5, moins que dans la Commission Barroso (9). Le Parlement européen demande qu'il y en ait au moins autant. Pour compenser ce faible nombre, M. Juncker veut leur donner des portefeuilles solides. Il était logique que le successeur de Lady Ashton soit également une femme. Mme Mogherini était en compétition avec la commissaire bulgare à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, dont le travail est largement reconnu. Elle avait les soutiens des pays de l'Est, jusqu'au moment où Donald Tusk est devenu le favori pour la présidence du conseil. De plus, elle est membre du parti Populaire européen, qui a déjà obtenu les principaux postes.

4. Parce qu'elle est sociale-démocrate

La répartition des hauts postes européens est le fruit d'un savant dosage entre la géographie, le genre et, bien sûr, la couleur politique. Les deux principaux postes européens revenant à la droite, les sociaux-démocrates devaient obtenir le poste tenu par Catherine Ashton. Il fallait aussi que ce soit une femme. Le nom d'Elisabeth Guigou a été évoqué pendant l'été, mais Pierre Moscovici avait déjà été choisi par François Hollande. Et la France ne revendique pas ce poste qui pourrait entrer en conflit avec sa propre diplomatie.

5. Pour faire plaisir à Matteo Renzi

Le président du conseil italien n'a jamais vacillé. En dépit de toutes les critiques, il a défendu sa ministre des affaires étrangères pour finalement réussir à l'imposer. Matteo Renzi voulait un poste « à visibilité » pour son pays. Et il l'a obtenu. Mme Merkel s'est ralliée au choix de la ministre italienne, car cette concession à M. Renzi ne lui coûte pas beaucoup. Ses priorités sont avant tout économiques et elle goûte peu la volonté française et italienne d'atténuer la discipline budgétaire, au moment où elle résiste aux pressions d'un autre italien, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, inquiet à son tour de la déflation en Europe.

Source Le Monde

 
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